L'apprentissage profond a récemment connu un développement rapide. De l'analyse d'images au traitement automatique du langage naturel, les champs d'application couvrent de nombreux domaines. Cependant, malgré leurs performances, l'adoption de ces technologies est freinée dans les contextes où les enjeux sont grands: justice, finance, médecine etc. En cause: le manque de compréhension de leur fonctionnement, les réseaux de neurones étant souvent des boîtes noires. Il est difficile de déterminer le raisonnement qui mène à leurs résultats, et les récents progrès n'ont fait que renforcer le besoin de méthodes interprétables. Dans ce contexte, l'interprétabilité d'une méthode qui établirait un diagnostic médical est donc cruciale.Nos travaux ont pour but de créer une méthode d'analyse d'images de cellules cultivées in vitro, avec une population témoin négatif, et une autre population exposée à une substance d'intérêt; afin de déterminer automatiquement et sans connaissance préalable, les biomarqueurs d'une atteinte cellulaire due à la substance. La difficulté réside d'une part dans l'absence de connaissances a priori, obligeant à travailler dans un cadre faiblement supervisé, sans étiquetage individuel des cellules mais seulement avec une information globale sur le traitement des cellules; et d'autre part dans le bruit de ces pseudo-labels. Des cellules exposées au traitement peuvent ne pas réagir et rester saines, tandis que des cellules témoins peuvent s'être dégradées naturellement ou par les manipulations subies. Les cellules qui serviront à notre étude sont des cellules endothéliales de la barrière hémato-encéphalique, que nous avons exposées à des doses croissantes de différents facteurs. Les noyaux cellulaires et l'actine du cytosquelette ont été imagés au microscope en immunofluorescence.Nous avons exploré les méthodes de classification d'images explicables utilisant des prototypes, c'est-à-dire des représentants typiques de chacune des classes du problème, lesquels servent à déterminer la classe de l'image courante. Parmi ces méthodes, nous avons sélectionné ProtoPNet et l'avons adapté à notre contexte afin d'obtenir des prototypes mettant en lumière des structures cellulaires caractéristiques de nos deux classes. Nous obtenons des prototypes décrivant une structure d'actine sous forme de filaments pour les cellules saines, et une texture à l'aspect plus granulaire pour les cellules affectées, qui semble traduire une modification du contenu en actine. Ces résultats ont donné lieu à une publication dans la conférence ICIP.Ces premiers travaux ont aussi motivé le besoin d'une méthode plus souple, avec une visualisation des prototypes plus robuste. Nous proposons pour cela une architecture auto-encodeur variationnel (VAE), pour reconstruire les images liées aux prototypes, utilisant une mixture de Gaussiennes comme a priori pour modéliser les données du problème. Notre modèle baptisé ProtoGMVAE apprend des prototypes plus divers et plus représentatifs de la distribution des données du problème. Ses performances de classification sont légèrement inférieures, mais ce compromis est acceptable au regard des gains en interprétabilité, lesquels sont le véritable but de nos travaux. Ce sont les structures typiques qui nous intéressent, plus qu'une classification complète des cellules. Ces travaux sont en cours de relecture pour publication dans une conférence internationale.Enfin, nous avons essayé d'appliquer notre méthode ProtoGMVAE à nos images de cellules. Le passage à un contexte d'étude plus réaliste que les jeux de données utilisés comme points de comparaison standards aux autres méthodes nécessite un ajustement des paramètres du modèle et de l'architecture employée. Nous proposons plusieurs adaptations de l'architecture de notre modèle ProtoGMVAE, afin de répondre aux problématiques de ce nouveau cadre. Nous étudions enfin en détail l'explication fournie après apprentissage sur notre base de cellules.