La planification de la transition énergétique est une pièce fondamentale dans la lutte contre le changement climatique et la décarbonisation de l'économie en Espagne et en France. Cet outil de nature administrative concrétise le pouvoir de planification par les pouvoirs publics des objectifs, des mesures et des résultats à atteindre à moyen et à long terme dans les horizons énergétique et environnemental des deux États. Au cœur de ses déterminations, il y a une large marge d'appréciation en faveur des administrations dans la configuration du paysage énergétique. Le choix de continuer à promouvoir les énergies renouvelables ou à reconstituer l'énergie nucléaire, la fixation de pourcentages de réduction des émissions de gaz à effet de serre en dessous des 55% fixés par la Loi Européenne du Climat ou l'absence de mesures face au dépassement des plafonds de budgets carbone ne sont que quelques-unes des décisions discrétionnaires associées à la planification énergétique.Pour circonscrire cette marge décisionnelle dans les limites de la légalité, en excluant la marge d'opportunité politique, une étude comparative a été réalisée sur le contrôle que le pouvoir judiciaire peut effectuer sur les planifications de la transition énergétique en France et en Espagne.Dans la première partie, et conjointement pour les deux pays, sont précisés les principes du Droit de l'environnement, du Droit de l'énergie, du Droit administratif, ainsi que les principes de collaboration entre les États et les administrations qui régissent la planification de la transition énergétique.La deuxième partie développe un contrôle juridictionnel de ces plans par l'analyse de leurs éléments de légalité externe et interne, selon les spécificités du contentieux administratif français et espagnol. Bien qu'analysés séparément, les contrôles de légalité des deux pays portent en premier lieu sur les éléments associés à des formalités externes comme la compétence, les irrégularités de procédure substantielles ou les vices de forme. Reléguant dans un second temps les éléments de légalité interne tels que le détournement de pouvoir, les irrégularités dans les motifs juridiques ou le contrôle des faits des plans. Ces deux points sont complétés par l'analyse de la portée et de l'intensité du contrôle juridictionnel de la légalité de la planification énergétique. Enfin, une vision élargie de la participation des instruments de planification énergétique-climatique dans les nouveaux conflits climatiques permet d'analyser comment ces instruments peuvent contribuer à la formulation juridique de l'obligation climatique ou à l'établissement du lien de causalité en cas de responsabilité.