Le droit public constitue un domaine fondamental de l'ordre juridique et politique d'un État. Au sein de ce vaste domaine, l'interaction entre la raison d'État et la protection des droits fondamentaux suscite un intérêt particulier en raison des tensions potentielles qu'elle engendre. La raison d'État, en tant que concept complexe et multifacette, vise à protéger les intérêts supérieurs de l'État, tandis que les droits fondamentaux incarnent les principes essentiels de liberté et de justice pour les individus. Cette dynamique entre la raison d'État et les droits fondamentaux soulève des questions cruciales quant à l'équilibre nécessaire entre l'autorité de l'État et la protection des droits individuels. Le domaine de recherche du présent travail se situe à l'intersection de la raison d'État et de la protection des droits fondamentaux en France. Ainsi, il ne serait pas exagéré de considérer que le fait de protéger avec défaillances les droits de l'Homme ou de violer ces droits équivaudrait à une grave transgression périlleuse à la survie de la société. Pourtant, dans un monde rempli d'Etats qui se sont inscrits dans une démarche de promotion du respect et de la protection des droits de l'Homme, on observe des bavures justifiées par la raison d'Etat. Cette dernière étant considérée comme le fait de franchir dans certains cas, les valeurs inhérentes à la constitution de l'État moderne. Machiavel dira que « puisque le prince doit arriver à ses objectifs, il peut utiliser des moyens qui ne sont pas nécessairement démocratiques, mais ce n'est pas important, car ce comportement lui permet d'atteindre ses objectifs ». Cette hardiesse remettant au goût du jour l'élasticité de la notion du respect des droits de l'Homme, appellerait donc à un essai de diagnostic et d'illustration de ce qui pourrait être ses traits essentiels et distinctifs dans l'environnement juridique des États à travers une « recherche sur la question des droits de l'Homme à l'épreuve de la raison d'Etat ». Ainsi, sans trop vite tomber dans les satisfécits, pourrait-on affirmer que les dispositions visant la protection des droits de l'Homme en ce qu'elle traduit les valeurs de la société sont-elles réellement le fruit du consensus international correspondant à la nécessité de maintien de la dignité humaine dans les États ? Dans cette optique, si les textes de droit de l'Homme renvoient à des valeurs dites universelles et essentielles, l'Etat pourrait-il se prévaloir de sa raison d'Etat afin de justifier une violation des droits de l'Homme ? La raison d'Etat ne constitue-t-elle pas un masque dans le l'objectif de commettre des bavures au risque de ne pas être sanctionné ? N'existe-t-il pas un noyau dur universel autour duquel la raison d'Etat ne saurait justifier le non-respect des droits de l'Homme ? Dans cette optique, l'on pourra se demander si le devoir de l'Etat d'assurer la sécurité interne et certains autres enjeux liés aux maintien de l'ordre public, si poussé à l'extrême, peut justifier un non-respect des droits de l'Homme ? Ces questionnements qui renvoient à des difficultés aussi bien théoriques que pratiques montrent dans une certaine mesure la valeur ajoutée de la présente thèse qui postule à la fois, à prendre en compte des aspects théoriques que pratiques de la question. Mais il conviendra d'avouer que toutes ces questions bien que mettant en relief les complexités de la notion, ne saurons être traitées individuellement. Les droits de l'Homme se présentant comme étant l'une des notions les plus transversales en droit, il conviendra dans le cadre de cette thèse de l'aborder principalement sur le plan du droit international et sur le plan de la souveraineté nationale des États. Cependant, l'aspect administratif et constitutionnel ne saurait être occulté dans cette réflexion eu égard aux nombreuses influences que ces droits exercent sur les États en général. Par ailleurs, il s'agira d'adopter une démarche visant à rendre compte du tout par le particulier, en circonscrivant essentiellement mais provisoirement l'espace géographique de cette étu