Les élus locaux, en tant que citoyens, bénéficient des droits et libertés qui sont le partage de chaque membre de la société et dont la protection est garantie par la constitution. A ces droits et liberté s'ajoutent des droits spéciaux en lien avec leur mandat d'élu. Parmi ces droits spéciaux figure la protection fonctionnelle. Cette protection a ses fondements dans les dispositions du code général des collectivités territoriales (CGCT), mais elle a été largement précisée par la jurisprudence. Par conséquent, elle est encadrée par le législateur et le juge qui contrôle sa mise en uvre. Elle se défini comme « la Protection assurée par l'administration à ses agents victimes d'agression ou de harcèlement dans l'exercice de leurs fonctions, ou qui font l'objet de poursuites civiles ou pénales à raison de fautes de service. Elle peut aussi être accordée aux élus locaux pendant leur mandat ». Il faut entendre par élus locaux, les élus repartis entre membres des assemblées locales (conseil municipal, conseil départemental, conseil régional) et les exécutifs, eux-mêmes issus des assemblées. Dans le cas des élus municipaux, le CGCT énonce en son article L. 2123-34 que « La commune est tenue d'accorder sa protection au maire, à l'élu municipal le suppléant ou ayant reçu une délégation ou à l'un de ces élus ayant cessé ses fonctions lorsque celui-ci fait l'objet de poursuites pénales à l'occasion de faits qui n'ont pas le caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions » et en son article L. 2123-35 que « la commune est tenue de protéger le maire ou les élus municipaux, le suppléant ou ayant reçu délégation contre les violences, menaces ou outrages dont ils pourraient être victimes à l'occasion ou du fait de leurs fonctions et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ». C'est ainsi qu'un maire victime de diffamation a bénéficié de la protection fonctionnelle de sa commune qui a pris en charge les frais exposés dans le cadre d'une instance pénale. Par conséquent, la protection fonctionnelle permet de protéger les élus dans les situations les plus diverses, attaques, incidents ou autres accusations dont ils peuvent faire l'objet de la part des administrés ou des autres élus locaux. Les agressions et les poursuites contre les élus locaux, sont nées de l'impunité dont l'administration publique, ses agents et toute autorité investie d'un pouvoir public ont bénéficié dans l'ancien régime. Mais, ces derniers sont passés de l'impunité au statut de justiciables ordinaires, sur la base de l'article 15 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, selon lequel, chaque membre de la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. Par conséquent, les poursuites se sont multipliées considérablement. Pour mettre les élus locaux à l'abri des poursuites infondées et éviter qu'ils soient condamnés à réparer des dommages alors qu'ils agissaient au compte de la collectivité territoriale, le conseil d'état, en 1971 à travers l'arrêt Gillet, a reconnu comme principe général du droit la protection due par les collectivités à leurs élus faisant l'objet de poursuites judiciaires. Ensuite, avec l'article 11 de la loi de 1983 portant droit et obligations des fonctionnaires, l'article L.2123-35 du CGCT, et la loi de 2002 relative à la démocratie de proximité, le législateur a clairement étendu aux élus locaux la protection assurée aux fonctionnaires et a voulu la rendre identique pour mieux protéger les élus. Cependant, depuis le tireur fou de Nanterre qui a ôté la vie à 8 élus municipaux le 27 mars 2002, suivi de l'agression à l'arme blanche dont était victime le maire de Paris, Bertrand Delanoé, dans la nuit du 5 au 6 octobre de la même année jusqu'à l'incendie de sa maison et de ses voitures dont a été victime le maire de Saint-Brevin-les-Pins, Yannick Morez le 22 mars 2023, les agressions et poursuites contre les élus locaux n'ont cessé de se multiplier. Au 12 novembre 2023, 2387 élus avaient été victimes d'agressions, soit 15 % de hausse, selon le ministère