Le projet de recherche s'intéresse à la refonte de la gouvernance du sport français à travers l'intégration des exigences d'éthique. Il prend pour point de départ le rapport parlementaire du 23 janvier 2024, qui révèle de graves défaillances dans les fédérations, le mouvement sportif et les organismes de gouvernance détenant une délégation de service public. Ces défaillances concernent autant la structure institutionnelle (opacité, absence de politique de prévention, manque de formation) que les pratiques individuelles (violences morales, sexuelles, sexistes, corruption). Le constat central est que les dirigeants sportifs tendent à réduire ces scandales à des fautes individuelles, éludant la responsabilité systémique des institutions. La question directrice posée est : comment refonder la gouvernance du sport français par l'éthique ? Deux notions structurent l'étude : La gouvernance, envisagée au sens de la norme ISO 26000 et des critères ESG, qui implique transparence, responsabilité sociétale, respect des droits humains et bonnes pratiques. L'enjeu est de bâtir une gouvernance durable (structures stables et fonctionnelles) et soutenable (promotion d'un modèle responsable qui redéfinit la performance). L'éthique, définie comme un ensemble de valeurs guidant comportements et règles, socle de la conformité et de la transparence. L'étude vise à cerner l'« éthique sportive », telle qu'énoncée par la loi de 2017 (prévention des violences psychologiques, sexistes, sexuelles, du dopage, du trucage des compétitions, etc.), en se concentrant sur les violences financières, psychologiques et sexuelles. Le projet montre que le sport français souffre d'un double déficit : transparence et indépendance. L'omerta et la justification de comportements immoraux par la quête de performance traduisent une « hypocrisie organisationnelle ». L'étude propose de transposer dans le sport les mécanismes de conformité et de vigilance déjà intégrés dans le monde des affaires : cartographie des risques (financiers, psychosociaux, institutionnels, humains), devoir de vigilance, protection des lanceurs d'alerte. L'approche intègre aussi la dimension psychologique : les « métiers-passion » du sport exposent à des risques spécifiques, nécessitant une cartographie adaptée. Sur le plan institutionnel, le projet envisage la création d'une Autorité administrative indépendante ou d'une juridiction spécialisée, jouant le rôle « d'arbitre de la gouvernance éthique sportive ». Ces instances pourraient prononcer des sanctions, favoriser la médiation et contribuer à désengorger les tribunaux. Enfin, la recherche insiste sur la nécessité de démocratiser l'enquête éthique dans le sport, pour rompre avec les conflits d'intérêts et le manque d'indépendance des inspections actuelles. Elle souligne que l'efficacité des enquêtes repose sur l'indépendance, la neutralité et le respect du contradictoire, conditions essentielles à la lutte contre l'omerta et à la restauration de la confiance. Ainsi, l'hypothèse centrale est que la refonte de la gouvernance du sport français passe par l'instauration d'une gouvernance « de l'éthique, par l'éthique et pour l'éthique », fondée sur la transparence, la conformité et la responsabilité, afin de protéger les institutions sportives, leurs acteurs et la société dans son ensemble.